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Prions pour une vache folleJe ne suis pas devenu croyant, j'ai seulement écouté religieusement les scientifiques me parler du prion, mystérieuse protéine dont ils ne savent presque rien, mais qui à coup sûr troue les cerveaux des moutons, des vaches et ceux des hommes. Du peu de choses que l'on sait ou que l'on croit savoir, j'ai retenu que c'était un mauvais chauffage (pour raison d'économies !) de cadavres de moutons malades atteints de tremblante, et servant à la fabrication des farines animales, qui était à l'origine de cette maladie chez la vache. Comme d'habitude la mort pour du pognon! Mais surtout après avoir vu et lu nombre d'émissions de télé, d'articles de journaux ou de revues scientifiques, j'en conclus qu'ils ne savent pas grand chose, ces savants bavards, autant dire presque rien. Mode de transmission, barrière d'espèce, dose contaminante , le savoir des scientifiques sur ces sujets est plein de trous. On jurerait, si on était croyant, le cerveau d'une vache folle. Et en matière de dépistage précoce des animaux malades, comme de lutte contre cette nouvelle bio start-up de la mort, nos cerveaux sans faille ne savent rien strictement rien. Et pourtant, ils bavent et rebavent dans les médias et les colloques politico-scientifiques. Ils bavent comme un mouton atteint de tremblante. Jamais si peu de savoir n'a généré tant de discours de la part d'une communauté scientifique ravie de sa soudaine importance sociale. Tremblez, pécheurs carnivores : le prion vaut bien une messe, scientifique soit-elle ! La grande prêtresse française du prion, madame Beurk-beurk, nous explique à nous, pauvres bouffeurs de bidoche ignares et frileux, que le risque est minime et que le marché de la viande ne se remettrait pas d'un boycott. Lorsque madame Beurkbeurk professe, péremptoire et sans aucun risque, son non-savoir plein de certitudes, elle me rappelle la Curie expliquant à la T.S.F. les bien faits de l'uranium. Et pourtant, le peu de choses qu'ils savaient depuis plus de dix ans, nos savoureux savants, auraient dû les conduire à la prudence, eux qui n'en peuvent plus de nous définir le principe de précaution. La relation entre les premiers décès humains, la consommation de viande de vache et les farines animales était suspectée en Angleterre avant les années 90. Dix ans ! Ils auraient pu... par précaution... recommander plus tôt d interdire les farines animales, le temps de chercher, de savoir ! Mais non pour le fric, le profit, les farines animales ne sont interdites pour les vaches que depuis 1996 et ont été autorisées jusqu'à ces jours-ci pour le porc, les volailles et les poissons, avec la bénédiction des experts scientifiques. La vache, c'était bon sans la cervelle, puis sans les tripes, puis sans la moelle, bientôt sans la vache. Et demain ce sera sans le mouton, puis sans le porc, puis sans poulet et sans poisson? Un jour peut être, les scientifiques sauront tout : d'où ça vient, comment ça marche, qui va crever avec des trous dans la tête. L'histoire biologique du prion sera enfin mise à jour et lancée en pâture au bon peuple, comme une grande victoire de la science et du progrès. Au nom de la traçabilité, on bouffera du code barre en tranches en meuglant "Y a bon". Mais il y a une histoire que l'on peut déjà raconter, c'est celle du pouvoir pathogène du capitalisme. Car l'histoire de la vache folle, c'est l'histoire d'un monde malade du profit. Faire bouffer des cadavres à des animaux qui devraient bouffer de l'herbe et que l'on bouffera à notre tour, c'est transformer la mort en profit. Ne pas chauffer assez les composants des farines animales, c'est économiser du fioul pour faire plus de profit. Ne pas interdire la consommation de la viande bovine alors qu'on arrivera bientôt à la centaine de morts en Grande Bretagne et que les cas de vache folle se multiplient en France, c'est privilégier les profits du lobby de la bidoche au détriment de la santé des gens. Au fil des jours et des bulletins d'informations, la folie happe les vaches et dément les savants. Un sondage récent, effectué sur un panel de mille bouffeurs potentiels de prions tricolores, notait que les français ont confiance dans les associations de consommateurs, plutôt confiance dans les scientifiques, les journalistes et les médecins, plutôt pas confiance dans les agriculteurs et les industriels de l'agro-alimentaire, et pas du tout confiance dans les hommes politiques. On comprend pourquoi les politiciens demandent aux scientifiques de prendre les décisions politiques à leur place. Mais à lire ce sondage, on ne comprend toujours pas pourquoi un français sur deux va voter ! Les vaches, elles, bien avant la folie des hommes, ne votaient déjà plus ! J.Bovin Le Combat Syndicaliste, nov.-déc. 2000 |
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