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Antilibéralisme spectaculaireIls sont réalisateurs, metteurs en scène, chorégraphes, producteurs. La plupart employeurs dans de plus ou moins grandes entreprises culturelles. Ils apparaissent épisodiquement à travers les médias pour nous expliquer qu'il faut défendre "l'exception culturelle". Postulant que la " Culture" est une chose éminemment bonne, relevant de l'intérêt général, ils affirment le caractère spécifique des produits issus de ce secteur économique et justifiant ainsi, pour la distribution de ces marchandises d'exception, leur exigence d'une protection de la part de l'Etat (ou de l'Europe) contre la concurrence, fruit du libéralisme mondial. En prônant la défense de l'exception pour leur secteur (ce qui, par ailleurs, entérine l'acceptation de la règle pour les autres activités économiques), ils nous laissent entendre que la fabrication des produits culturels se fait hors du contexte libéral, hors de l'exploitation capitaliste. Mais vu de l'intérieur de la sphère de production, le caractère exceptionnel du secteur culturel, et plus particulièrement du spectacle, est plutôt de ressembler à un modèle d'application de la nouvelle organisation du travail (flux tendus, zéro stock, just in time...). La spécificité qui permet à l'entreprise culturelle de répondre plus efficacement aux flux tendus c'est la possibilité de recours au CDD dits d'usage. C'est-à-dire que l'employeur peut embaucher à la demande, en fonction des besoins de chaque production le nombre de travailleurs nécessaires, juste pour le temps utile à sa réalisation. Le salarié intermittent au chômage pendant les périodes d'inactivité ne coûte plus rien à l'entreprise c'est le zéro stock humain. Cette flexibilité à l'embauche peut être relativement bien subie par les travailleurs ayant suffisamment d'heures déclarées pour avoir droit à l'allocation chômage spécifique (seuls 41 % des intermittents en bénéficient). Dans tous les cas cette forme de précarité met les intermittents en situation de concurrence entre eux et soumet la plupart à une grande mobilité. Le just in time se traduit dans le monde du spectacle par the show must go on. Ici les délais de livraison sont impératifs, quels que soient les aléas le spectacle aura lieu à la date prévue et ce sont alors les horaires qui deviennent "élastiques". Les journées de travail peuvent s'allonger jusqu'à 12, 16 voire 24 heures, les semaines dépasser largement 60 heures et s'enchaîner sans repos hebdomadaire. La "charrette" est toujours le prétexte à l'intensification du travail. Ceci se conjugue avec une grande "souplesse" au niveau des salaires. La coutume est le paiement au "cachet", ce qui signifie souvent que seuls les jours de représentation sont déclarés et payés par l'entreprise les répétitions, préparations, montages... sont alors rémunérés, pour les ayants-droit, par les allocations chômage. Dans tous les cas, le "cachet", forfait journalier, ne tient pas compte des heures effectivement travaillées. Pour les techniciens, qui depuis 1999 doivent être déclarés en heures, quand toutes sont payées les heures supplémentaires le sont rarement aux taux majorés. Il arrive que, dans la même entreprise et pour un travail équivalent, les salaires varient d'un contrat à l'autre suivant que la prestation a été plus ou moins bien vendue. Quand elle a lieu, la négociation du salaire se fait individuellement. La patron peut ainsi pratiquer dès augmentations au "mérite" ou à la célébrité. Décidant des critères au cas par cas, il institue ainsi hiérarchie, division et compétition entre les salariés. La réglementation du travail est ignorée, la flexibilité est totale. La notion d'intérêt supérieur liée au secteur culturel, l'impérieuse nécessité de livrer le spectacle en date et les spécificités du travail renforcent la culture d'entreprise et lui font dépasser le cadre restreint de la boite ou de la compagnie pour devenir une " culture de secteur", ce qui permet d'y assimiler des travailleurs soumis à une grande mobilité. Dans ce contexte, les manifestations de solidarité et d'entr'aide sont entièrement mobilisées pour la réalisation du spectacle, il n'y a ni place ni temps pour la défense des intérêts des salariés. Chacun doit s'investir dans la réussite du projet et participer à la bonne ambiance au sein de l'entreprise. L'affectivité doit prédominer dans les rapports entre individus. Le patron veut être perçu comme un copain qu'on tutoie, avec qui on partage les repas et les préoccu- pations concernant les intérêts de l'entreprise. De fait il peut paraître sympathique, il ne ressemble pas souvent à l'image d'Epinal du patron avec cigare et haut-de-forme qui s'enrichit grassement sur notre dos. Il est humaniste souvent de gauche, parfois même anarchiste. Il refuse de collaborer avec les municipalités FN et fait partie des premiers signataires pour soutenir les sans-papiers. Il est bien sûr aux côté des intermittents pour la défense du régime d'assurance chômage : il y défend directement son intérêt dans une lutte corporatiste - a savoir la rémunération de ses salariés, quand ils ne sont pas déclarés). Confronté à une revendication des salariés au sein de son entreprise, le terrain affectif lui sert pour occulter les antagonismes de classes. Le conflit d'intérêt devient une trahison sentimentale : si une séparation momentanée ne permet pas de réconciliation avec les plus vindicatifs, c'est la rupture définitive. Point de procédures de mise à pied ou de licenciement, pour les intermittents il lui suffit de ne pas réembaucher. La lutte des classes est déguisée en drame passionnel! Pour combattre le libéralisme, pas besoin d'aller à Seattle ou à Millau, nos patrons y sont ils y défendent leurs intérêts dans un système économique dont ils ne condamnent que les "excès" concernant les échanges commerciaux. Déréglementation et libre jeu de la concurrence ne sont pas l'apanage des marchés, ce sont les conditions nécessaires au renforcement de l'exploitation. Cela se traduit en termes de flexibilité imposée et de précarité accrue dans l'entreprise, qu'elle soit culturelle ou autre. Et c'est là, sur nos lieux de travail, par la lutte de classe, que nous pouvons combattre le libéralisme, non pas en tant que forme excessive du capitalisme mais bien comme le capi- talisme dans sa forme actuelle. Certes, lutter pour l'augmentation des salaires, la défense des acquis ou le respect de la législation du travail n'est pas révolutionnaire en soi. Mais c'est en s'organisant à la base, en décidant ensemble et en agissant directement que nous pourrons créer le rapport de force qui rendra possible, - à travers les victoires partielles, le développement de l'entr'aide et le renforcement de la conscience de classe -' le dépassement de la revendication pour la révolution sociale . Gilles (Syndicat Interco Marseille) Le Combat Syndicaliste, sept.-oct. 2000 |
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