Organisation: La
Charte de Paris les Statuts de la C.N.T. - A.I.T.
International: Déclaration
de principe de l'Association Internationale des Travailleurs Serbie
: révolution confisquée, par Ratibor Dossiers: Spécial
élections Blagnac:
bilan d'une lutte Dossier
Penauille, par le syndicat intercorporatif de Besançon Stratégies: Les
grands principes tactiques et théoriques le l'AIT, par A. Castel
Techniques
de luttes Des
revendications à l'utopie L'action
directe, par P. Besnard Anarchosyndicalisme
et autonomie populaire, par un adhérent de l'UR normande CNT-AIT Perspectives
: De l'Empire
romain à la mondialisation : l'anarchisme en héritage, par Little
Hérodote Tracts : Aménagement
du temps de travail (35 h) et refondation sociale (PARE) ou comment nous faire
tous travailler pour pas un rond Travailleurs
intérimaires, par le Syndicat Interco de Besançon Ca
se passe comme ça ..., par le Syndicat Interco
de Paris Ni
ennui, ni terreur ..., par le Syndicat de l'Yonne Les
patrons sont-ils indispensables ? Pratique: Face
à la police Face
à la justice Réflexions: Pas
très net, par Interpasnet Mondialisation
et anti-mondialisation : un détournement de cible, par A. Sulfurik
Economie: Moins
pire que le capitalisme: le capitalisme, par Loiseau Société: Qu'est-ce
que la thérapie génique ?, par l'Eugène rouge et noir
Prions pour une vache folle,
par J. Bovin Pourquoi
nous devons combattre l'ingénierie génétique et son monde,
par le Syndicat Intercorporatif de l'Essonne Agripognon
: O.G.M. Culture: Antilibéralisme
spectaculaire, par Gille Brochures : Dans
les syndicales, E. Pouget Le
catalogue de nos publications Contacts: Adresses
des syndicats Les
liens de l'AIT http://cntait89.free.fr/ Ce
site web expérimental est rédigé, réalisé et
mis en ligne à titre militant par des adhérents de la CNT-AIT, chômeurs
ou salariés, après leur journée de travail. 
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AGRIPOGNON:
O.G.M.
Un "organisme génétiquement modifié " est
un organisme dont on a modifié le patrimoine génétique,
en lui ajoutant par exemple un gène étranger. Les techniques
utilisées sont celles du " génie génétique
", qui permettent d'introduire un ou plusieurs gènes dans
une cellule, soit en le faisant transporter par une bactérie ou
un virus, soit directe-ment, par exemple par " micro-injection ".
L'intérêt est de pouvoir faire fabriquer par la cellule un
produit qu'elle ne fabrique pas naturellement.
Ces techniques sont utilisées depuis une vingtaine d'années
par l'industrie pharmaceutique, pour faire fabriquer, en grandes quantités
et à faible coût, des protéines par des bactéries
(hormone de croissance, insuline...). Elles sont aussi utilisées
par l'industrie agro-alimentaire, pour faire produire, toujours par des
bactéries, des enzymes intervenant par exemple dans la fabrication
de la bière, d'alcools, de sirop de chocolat...
Ce qui est nouveau, c'est l'application des techniques de génie
génétique aux plantes et aux animaux, et leur utilisation
directe dans l'alimentation. Le transfert de gène étant
effectué dans une seule cellule à la fois, on doit, pour
obtenir des plantes ou des animaux
" transgéniques ", modifier le patrimoine génétique
de cellules végétales ou d'ufs fécondés
qui ont la capacité de redonner un organisme entier. A partir de
ça, tout semble devenir possible faire pousser des arbres plus
faciles à transformer en pâte à papier, des plantes
produisant un carburant " vert " ou des matières plastiques
biodégradables, du coton déjà coloré, du tabac
qui produit de l'hémoglobine, ou des bananes qui vaccinent... On
n'y est pas encore, et même si les pubs des multinationales du traitement
des cultures et de la production de semences mettent les applications
" humanitaires "ou " écologiques" en avant,
cessons de nous voiler la face: l'expérience montre que ce qui
motive les industriels n'a jamais été, ni le bienfait de
l'humanité, ni la sauvegarde de l'environnement ! Pour preuve,
ce qui est déjà commercialisé : une tomate qui se
dégrade moins vite, réduisant les pertes dues au transport
et au stockage, et un maïs qui fabrique une toxine contre la pyrale,
réduisant là encore les pertes dues à cet insecte
" ravageur ". Ca, ce sont de vraies motivations pour un industriel
: réduire les pertes, augmenter le profit ! En fait, dans le domaine
des biotechnologies, toute invention représente une opportunité
d'acquérir un avantage compétitif sur les concurrents.
La dernière trouvaille du complexe " génético-industriel
", c'est un transgène baptisé cyniquement " Terminator
". Cette fois-ci, le véritable objectif de la firme Monsanto
(actuel propriétaire du brevet) est clair. " Terminator "
en rendant stériles les grains récoltés ne fait que
jouer le rôle depuis longtemps rempli par les variétés
hybrides (elles aussi stériles) : il oblige ainsi l'agriculteur
à racheter chaque année ses semences, pour le plus grand
profit des trusts semenciers.
Sans plus d'illusion sur les objectifs des industriels, il est facile
de comprendre à quel point les conséquences (en termes de
santé humaine ou de protection de l'environnement) des découvertes
qu'ils exploitent les laissent froids. Et la phrase du directeur de la
" communication " pour Monsanto ne devrait surprendre absolument
personne: "Nous n'avons pas à garantir la sécurité
des produits alimentaires génétiquement modifiés.
Notre intérêt est d'en vendre le plus possible. C'est à
la Food and Drug Administration de veiller à leur sécurité.
Dans ce système où il est " moral " que quelques
uns maximisent leurs profits au détriment de tous les autres, quoi
d'étonnant à ce que les organismes publics doivent s'assurer
que les applications technologiques qui enrichissent les industriels ne
soient pas trop néfastes pour leurs administrés ? Les risques
potentiels sont variés : allergies (aux produits des transgènes,
ou aux dérivés de l'herbicide présents dans la plante
résistante, par exemple), résistance de bactéries
aux antibiotiques (trans-mise de la plante consommée aux bactéries
présentes dans la panse des ruminants, par exemple), diffusion
des transgènes - et de leurs effets - aux espèces sauvages
proches parentes d'espèces cultivées (la résistance
à l'herbicide "total" du soja à la ravenelle,
par exemple), etc..
Et les chercheurs des organismes de recherche dite " publique "
jouent les désemparés devant l'ampleur de la tâche
: " on n'aura jamais le temps de tester tous ces effets ! "
Que pourraient-ils dire d'autre, eux qui se conçoivent comme -
et sont effectivement devenus - les larbins obligés des industriels
? Obligés ou participants actifs (comme les directeurs généraux
de l'INRA, qui siégeaient, au conseil d'administration de Rhône-Poulenc,
entre autres), mais toujours larbins récompensés (un scientifique,
c'est comme un homme politique, ça a l'ego surdimensionné
et un besoin sans borne de reconnaissance). Mais les industriels ne se
contentent pas de ce que les organismes publics ramassent derrière
eux les pots cassés, ils veulent aussi partager les frais de la
recherche. Cette belle idée de "partage "a déjà
fait ses preuves, et se développe toujours plus en France, par
exemple, où la recherche " publique
signe des contrats avec des entreprises privées pour effectuer
des recherches dont les bénéfices brevets et autres) reviendront
"tout naturellement " à ces entreprises privées.
La recherche leur coûtera ainsi 3 fois moins cher (participation
du secteur public aux 2/3), les bénéfices leur revenant
en totalité. Et pour faire passer cette pilule, il suffit d'invoquer
une grande cause : la protection des entreprises françaises (pardon,
européennes) contre la concurrence américaine ! Exit, donc,
la recherche publique !
Le progrès que pourraient représenter (peut-être)
ces nouvelles technologies ne peut se mesurer qu'en confrontant ce qu'elles
apporteraient à l'humanité toute entière (et non
à ses seules sangsues), avec les risques qu'elles représentent
inévitablement. Le problème, aujourd'hui, c'est qu'il n'y
a rien à attendre, ni, bien sûr, des industriels, ni des
pouvoirs publics, ni des scientifiques ou des organismes censés
prendre en compte la fameuse "demande sociale ", alibi préféré
de la société capitaliste pour flatter ses esclaves. Ce
ne sont malheureusement pas non plus les vux pieux qui suffiront
à faire changer cette société fondée sur le
profit. Il faudra bien qu'un jour les esclaves s'affranchissent...
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