Organisation: La
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International: Déclaration
de principe de l'Association Internationale des Travailleurs Serbie
: révolution confisquée, par Ratibor Dossiers: Spécial
élections Blagnac:
bilan d'une lutte Dossier
Penauille, par le syndicat intercorporatif de Besançon Stratégies: Les
grands principes tactiques et théoriques le l'AIT, par A. Castel
Techniques
de luttes Des
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et autonomie populaire, par un adhérent de l'UR normande CNT-AIT Perspectives
: De l'Empire
romain à la mondialisation : l'anarchisme en héritage, par Little
Hérodote Tracts : Aménagement
du temps de travail (35 h) et refondation sociale (PARE) ou comment nous faire
tous travailler pour pas un rond Travailleurs
intérimaires, par le Syndicat Interco de Besançon Ca
se passe comme ça ..., par le Syndicat Interco
de Paris Ni
ennui, ni terreur ..., par le Syndicat de l'Yonne Les
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à la police Face
à la justice Réflexions: Pas
très net, par Interpasnet Mondialisation
et anti-mondialisation : un détournement de cible, par A. Sulfurik
Economie: Moins
pire que le capitalisme: le capitalisme, par Loiseau Société: Qu'est-ce
que la thérapie génique ?, par l'Eugène rouge et noir
Prions pour une vache folle,
par J. Bovin Pourquoi
nous devons combattre l'ingénierie génétique et son monde,
par le Syndicat Intercorporatif de l'Essonne Agripognon
: O.G.M. Culture: Antilibéralisme
spectaculaire, par Gille Brochures : Dans
les syndicales, E. Pouget Le
catalogue de nos publications Contacts: Adresses
des syndicats Les
liens de l'AIT http://cntait89.free.fr/ Ce
site web expérimental est rédigé, réalisé et
mis en ligne à titre militant par des adhérents de la CNT-AIT, chômeurs
ou salariés, après leur journée de travail. 
- |
Le vent tourne a Mindin ! Le vent semble tourner à
la maison départementale du Mindin (MDM), en Loire Atlantique sur la commune
de saint Brévin. Cet établissement médico social départemental
de la fonction publique territoriale qui héberge à vie des personnes
très lourdement et mentalement handicapées, dites démunies.
Les langues se délient, des soutiens inattendus se font jour. Rappelons
nous: Madame CT, membre de la CNT-AIT, travaillant depuis 1992 comme aide médico-psychologique
dans cet établissement a du faire face, seule, au mur du silence. Témoin
de mauvais traitements subis par des pensionnaires de ce lieu de relégation.
Durant toutes ces années elle n'a pu se résoudre à se taire,
pour dénoncer ce qui lui paraissait anormal et injuste tout en indiquant
des voies du travail qu'il convenait de réaliser si l'on veut rendre la
vie plus agréable à ces handicapé-e-s. Envers et contre
tous, elle a persisté à travailler selon son éthique, comme
si en matière de soins et d'assistance, le fait d'effectuer correctement
son travail avait été un acte de désobéissance contre
ceux pour qui le seul fait de "garder" ces handicapé-e-s suffisait.
Bien qu'elle ait alerté du monde, il n'y a pas eu de suites institutionnelles,
montrant là le peu de considération que son action recevait:
- Premier signalement en Août 1994 à Madame B de la DISS puis en
Mars 1995 et Septembre 1995. - Signalement répétés
des faits à la direction, au psychiatre vacataire et aux psychologues de
l'établissement. - Envoi plusieurs lettres au procureur de la république.
- Signalement à la ligue des droits de l'homme (qui aura demandé
sans suites un plan d'action à la direction). - Déclaration
à la police en Avril 1996. - Déclaration à l'IGAS en
Avril 96, Avril 97, Octobre 98. - Déclaration au secrétariat
d'Etat à la santé en Mai 96. - Déclaration au docteur
JD de la DDASS en Juillet 96, Septembre 96, avec deux entrevues. - Entrevue
avec Mr C, médiateur de la république, en Juillet 97. - Signalement
au conseil général en Août 1999. - Et bien sur multiples
alertes aux syndicats "représentatifs" de l'établissement.
Des collègues, syndicalistes "maison", ont cependant dénoncé
chez elle le "manque de solidarité de classe" parce qu'elle dénonçait
les conditions indignes dont elle avait été témoin. C'est
pourtant en voulant faire de sa tâche une activité au service du
bien être de ces personnes handicapé-e-s et en refusant le fait que
certains puissent les utiliser comme objet de leur sadisme, même seule,
que madame CT faisait preuve de "solidarité de classe". Elle
montrait une voie intéressant le syndicalisme comme devant aussi s'employer
à critiquer et orienter l'activité humaine dans un sens utile, répondant
aux besoins et ne nuisant pas. Et donc, à ce moment là, quitter
le seul corporatisme revendicatif pour devenir révolutionnaire, c'est à
dire sur le chemin de la réappropriation de l'outil et du sens du travail
par le travailleur. Il y a deux ans la CNT-AIT, aux côté
de madame CT, avait diffusé largement un 4 pages racontant toute cette
histoire, dans le but d'aider madame CT dans son combat et d'ensemencer une réflexion
critique sur ce qu'il se passait ici comme dans d'autres établissements.
Tous les travailleurs de la MDM en auront alors pris connaissance et bien au delà
aussi. La lettre à LULU, périodique local lu dans la région
en aura tiré un reportage attestant les dires de,madame CT. Nous avons
organisé une réunion publique le 28/01/00 à Paris à
ce sujet, qui avait rassemblé nombre de travailleurs du secteur santé-social-éducation.
Malgré cela, madame CT épuisée, sans avoir été
prise au sérieux, se retrouvait en longue maladie. Cela pouvait arranger
du monde, "l'emmerdeuse", celle qui pose problème, se retrouvant
stigmatisée semblait donner raison à ceux et celles qui avaient
voulu la voir comme une "folle". Pourtant après toutes ces
années, les deux ans de discussion et de diffusion, continue et par nos
soins, d'informations, n'auront pas été vain, puisque tout cela
commence à porter ses fruits. Il semble que depuis quelques semaines
le processus s'accélère et la CNT ne peut que s'en réjouir.
Un mouvement de mécontentement du personnel de la MDM se fait jour, soutenu
par l'association des familles des résidents des établissement de
Mindin et d'après nos informations, des mouvements similaires ont lieu
dans d'autres établissements. Condamnant la "qualité de
prise en charge minimale et le mal être des résidents", "une
situation qui engendre des dysfonctionnements et des actes de violence dont les
résidents sont les victimes", le mouvement dénonce le "manque
criant de personnel" et tire la sonnette d'alarme sur "les conditions
de travail qui se dégradent, provoquant l'usure des agents et une augmentation
significative de l'absentéisme", "les repos - légitimes
- jamais compensés en termes d'emplois" (il manquerait 44 postes à
Mindin comprenant 18 postes rendus nécessaires par l'observation des repos
compensateurs et sans compter, bientôt, les 35 heures).
Début
Mai 2001, signale Ouest France, monsieur PB, vice président du conseil
général, après avoir rencontré personnel et parents
faisait savoir dans un communiqué, "que pour soutenir les équipes,
le conseil général s'engage à créer immédiatement
3 postes supplémentaires" tout en appelant l'Etat, financier principal,
à produire un effort similaire. Les manifestations de personnels et
familles de résidents, se succèdent, devant la MDM, sur le pont
de Saint Nazaire, devant la préfecture de Nantes où ils sont reçu
par le directeur du cabinet du préfet qui précise que le directeur
de la DDASS, monsieur M, devrait être reçu au ministère à
ce sujet. Vigilants quand aux promesses, ils sont conscients qu'une "réflexion
de fond sur la structure et le fonctionnement "de La MDM, "ne pourra
être esquivée".
Si la CNT-AIT ne peut que se réjouir
d'un tel changement de situation - elle se réclame solidaire du mouvement
en cours - , elle met en garde les salariés et les familles de résidents
contre les récupérations de syndicats de l'établissement
restés silencieux pendant des années. L'association dans cette lutte
de membres du personnel et de familles de résidents, en attendant aussi
l'expression de résidents eux-même, est à nos yeux exemplaire.
Dans ce contexte, la CNT-AIT tient à souligner que le long combat de madame
CT et son relais syndical CNT, il y a deux ans, reste à l'origine des mouvements
en cours. La CNT-AIT réaffirme ses revendications: - Effectivement,
les conditions d'hebergement, de soin, de vie des personnes démunies concernant
l'outil de travail doivent intéresser au premier plan le syndicalisme.
Et que cette question intéresse la nécessaire réflexion de
fond sur ce type d'établissement. - Que des personnels formés,
motivés, conscients de leur tâche, en nombre suffisant (créations
de postes), mais aussi respectés dans leurs droits et leur dignité,
sont une condition nécessaire à la bonne marche du travail.
- Qu'il est nécessaire de désenclaver et d'ouvrir au monde extérieur
et au mouvement de la vie ce type de lieu de vie, afin qu'ils ne s'enferment pas
dans une logique de relégation. - Que chaque résident est un
individu à part entière ayant droit à être considéré
dans la dignité et non un anonyme se confondant dans une masse informelle
et démunie gardée à l'écart du monde. - Que la
société dans son ensemble est concernée, tant il est vrai,
que ce type de lieu de vie reste la conséquence du fait qu'il n'est pas
possible pour les proches de ces personnes handicapées de vivre avec elles
au quotidien. Ce ne sont ni les proches, ni les personnels qui ont choisi de s'occuper
de ces personnes, qu'il faut accabler, mais l'ensemble de la société
sur son fonctionnement et la place qu'elle assigne à certains de ses membres
lorsqu'ils ne s'inscrivent pas ou plus dans le système de la productivité/consommation
ordinaire. - Que l'ensemble du système sanitaire et social est concerné.
Tant il est vrai que nous vivons, malgré l'accroissement considérable
de la demande de soin, à un démantèlement de l'outil de soin
dynamique en santé mentale donnant l'illusion triomphaliste (pour les ennemis
du droit à la santé mentale) d'une disparition de la politique asilaire.
Nombre de patients ne trouvant plus de temps et de place nécessaire à
la poursuite de leur soins sont rapidement relégués dans un secteur
médico-social en pleine expansion. Ce secteur n'ayant pas mission de thérapie
fait courir le risque d'un déplacement de la chronicité asilaire
de la psychiatrie publique vers ce secteur médico-social. Que le secteur
psychiatrique ne soit plus asilaire (au mauvais sens du terme), que le secteur
médico-social risque de le devenir, dans tous les cas c'est le droit d'asile
à la personne souffrante et donc ayant droit à des soins et thérapies,
sur mesures et ouvertes sur la vie, qui est menacé sinon déjà
aboli dans nombre de localités. - Enfin, nous réclamons aux
côté de notre compagne madame CT, pionnière dans ce combat
reconnu maintenant par de plus en plus de monde, ayant payé de sa personne
et actuellement elle même reléguée en longue maladie que les
injustices dont elle a été victime soit réparées et
qu'elle obtienne la reconnaissance qui lui est due, après que sa parole
ait été pendant si longtemps mise en doute.
La CNT-AIT,
dans une démarche intercorporative, interprofessionnelle et interrégionale,
reste vigilante quant aux suites données à ces différentes
revendications.
Ce travail a été réalisé
par des militants des syndicats: CNT-AIT Bourse du Travail, place Aliende 44600
St Nazaire et du Syndicat des Travailleurs, Chômeurs, Précaires
de Paris, BP 352 75526 Paris cedex 11. Si vous desirez
plus d'information vous pouvez leur écrire. Vous pouvez aussi y demander
par écrit, un abonnement gratuit de deux numéros du bimestriel de
la CNT-AIT : Le combat syndicaliste
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